Philippe Cazecarrère : l’état d’esprit d’un dirigeant qui n’a jamais appris à renoncer
À 23 ans, il sillonne les rues de Pau dans une camionnette bleue siglée APR. À l’époque, il ne théorise rien. Il agit.
« Je pensais surtout à gagner ma vie et à m’affranchir de l’autorité parentale. »
Chez Philippe Cazecarrère, le travail n’est pas une posture, c’est un héritage. Une enfance marquée par des parents « du matin au soir au travail », sans vacances, dans une ambiance exigeante, parfois rude, mais structurante.
« Un le travail, deux le travail, trois le travail. »
Un parcours sans filet… ni regret
Renvoyé pendant son BEP de comptabilité, Philippe Cazecarrère n’éprouve ni colère ni honte. Il comprend simplement qu’il n’est « pas fait pour les études ». À 17 ans et quelques jours, il touche sa première fiche de paie. Il n’arrêtera plus jamais de travailler.
Son apprentissage se fait dans le pressing familial : relation client, honnêteté, respect, sens du service. Autant de fondamentaux qui deviendront plus tard les piliers de son management.
Lorsqu’il crée APR en 1997, sa motivation est claire : indépendance, liberté, et la volonté de « mieux gagner sa vie pour réaliser ses rêves ».
Le doute ? « Pas dans mon vocabulaire »
À la question du doute, sa réponse est sans détour :
« Le verbe douter ne fait pas partie de mon vocabulaire. »
Une affirmation qui pourrait sembler présomptueuse, mais qui éclaire sa manière de diriger. Lorsque l’entreprise traverse une grave crise de trésorerie, l’idée d’arrêter ne l’effleure même pas.
« Arrêter ? Je ne sais même pas comment ça s’écrit. »
Il reconnaît pourtant la difficulté de cette période : erreurs de gestion, confusion entre chiffre d’affaires et bénéfices, sacrifices personnels — jusqu’à la vente de sa Porsche. Mais jamais de renoncement. Jamais de recul.
Tenir dans la durée
Avec la croissance viennent la pression et le stress. Philippe Cazecarrère ne les nie pas : ils font partie intégrante de la vie